Archipel de la Louisiade, Mer des Salomon (Papouasie-Nouvelle-Guinée)
Dans la province de Milne Bay (sud-est de la PNG), la récolte des holothuries (bêches-de-mer ou encore concombres de mer) se fait traditionnellement à la main ou en plongée libre, à l’aide de harpons ou de poids de plomb munis d’un petit crochet. Les pêcheurs descendent parfois jusqu’à 30 mètres de profondeur, sans équipement de sécurité adapté, au prix de risques élevés d’accidents, de noyades ou de séquelles à long terme.
Très majoritairement destiné au marché chinois, où elle est réputé pour ses vertus médicinales et nutritionnelles, la bêche-de-mer est devenue une ressource hautement lucrative. La combinaison du déclin rapide des stocks et de la flambée des prix a intensifié les conflits autour de l’accès aux zones de pêche, certains ayant nécessité l’intervention directe de l’État.
La gestion de cette pêcherie s’est globalement révélée inefficace. Les seules mesures ayant montré des résultats partiels sont les moratoires imposés par le gouvernement, c’est-à-dire des fermetures totales de la pêcherie sur plusieurs années. Après plusieurs cycles d’interdiction, une réouverture s’est faite en novembre 2025, encadrée par un système de quotas provinciaux stricts. La pêche était alors fermée dans la province de Milne depuis 2019. Toutefois, ces quotas ont historiquement été régulièrement dépassés dès premiers mois d’ouverture, et les tailles minimales de capture insuffisamment respectées, compromettant la reconstitution des stocks.

L’efficacité relative de l’action gouvernementale repose sur le nombre de licences accordées et le fait que le produit doit transiter par un nombre limité de points de vente agréés en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cette centralisation facilite le contrôle par la National Fisheries Authority (NFA) des espèces listées (CITIES ; Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). Cependant, les acheteurs chinois se rendent de plus en plus directement dans des communautés insulaires isolées, identifiées pour l’abondance de leurs stocks. En se disputant l’accès à la ressource et en proposant des prix élevés pour des holothuries peu ou pas transformées (fraîches ou simplement bouillies), ils contournent les circuits officiels. Cette pratique, complique fortement la régulation, fragilise les règles de gestion et accentue la pression sur une ressource déjà vulnérable.
Photos: Archipel de la Louisiade, Mer des Salomon, Septembre-Cotobre 2025 © S. Jacquet








